Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 16:24

 

Journée d’étude

27 avril 2012, à partir de 9h

 

 

LA CULTURE DU FAN. 

VERS UNE NOUVELLE SOCIOLOGIE DES PUBLICS ?

 

 

Maison de la Recherche

Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3

4 rue des irlandais, 75005 paris

 

Avec le soutien de la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord et de l’équipe d’accueil Communication, Information, Médias (CIM) de l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3

 

 

9h00          Accueil des participants et introduction de la journée


                   Maxime Cervulle (Docteur, Paris 1, UMR Institut Acte),

                   Nelly Quemener (Docteure, King’s College, Londres, CIM)

                   et Florian Voros (Doctorant, EHESS, IRIS)

 

9h15          Publics et dispositifs


                   Mélanie Bourdaa (MCF, Bordeaux 3, MICA)

                   Une typologie des activités de fans : entre médiation et création

 

                   Valérie Jeanne-Perrier (MCF, CELSA Paris-Sorbonne, GRIPIC)

Les processus de sémiotisation et d’éditorialisation des activités des fans sur les réseaux sociaux et les plateformes de partage

 

                   Fabrice Lyczba (Docteur, Paris-Est Créteil, CICLAHO)

                   Partying Like it’s 1927 : les publics de cinéma muet comme gamers

 

10h45        Pause-café


 

11h00        Construction de soi et processus de légitimation


                   Clara Lévy (MCF, Université de Lorraine, 2L2S)

                   Avoir un livre de chevet : être « fan » d’un texte littéraire

 

                   Juliette Dalbavie (MCF, Lille 3, GERIiCo)

                   Être médiateur d’un mauvais objet de culture : le cas des fans de Mylène Farmer

 

                   Anne-Sophie Béliard (Doctorante, Paris 3, CIM)

Quelle fanitude pour quelle « sériephilie » ? Enjeux de la qualification du fan dans le processus de reconnaissance des séries télévisées

 

12h30        Pause-déjeuner


 

14h00        Fandom, Cultural and Creative Industries


                   Devin Beauregard (Doctorant, University of Ottawa)

                   The Politicization of Fans and Fan Culture : Evidence from Fan Networks

 

                   Marsha Siefert (MCF, Central European University)

Piracy on the High C’s : Opera Fans, Recording Technology and the Artifacts of Live Performance

 

                   Luca Barra (Docteur, Università Cattolica, Milan)

Subbing, Talking Online, and Beyond. TV Fandom as a « distributor » and « translator » for US Contemporary Sitcoms

 

Bexy Cameron (MA, London South Bank University, Head of Creative Strategy, MySpace)

                   Manufacturing Fans & Teenage Brand Ambassadors

 

16h00        Pause


 

16h30        Fan Studies Reloaded


                   Matt Hills (MCF, Cardiff University)

                   The Uses of Acafandom ? Towards « Proper Distance » in Fan Studies

 

                   Éric Maigret (Prof., Paris 3, CIM)

                   The End of Fan Studies ?

 

18h            Conclusion de la journée


Philippe Le Guern (Prof., Université de Nantes, Centre Atlantique de Philosophie et CRAL-EHESS) 

                   Retour sur la domination des passions dominées : archéologie d’une sociologie des fans

 

 

 

Comité d’organisation :

 

Maxime CERVULLE

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et UMR Institut Acte

 

Nelly QUEMENER

King’s College, Londres et CIM

 

Florian VOROS

EHESS Paris et IRIS

 


Par SOFETH
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Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 16:16

L’Institut International du Théâtre ITI organise la célébration du 30è anniversaire de la Journée Internationale de la Danse le 25 avril 2012, qui aura lieu à l’UNESCO, Paris à partir de 19h30.
L’anniversaire sera célébré en compagnie de l’un des plus grands danseurs et chorégraphes contemporains, le Maroco-Belge Sidi Larbi Cherkaoui. 
Des extraits de deux documentaires "Zero Degrees, Infinity" et "Rêves de Babel" dédiés au travail de l'artiste seront également diffusés.
Merci de confirmer impérativement votre venue par courriel en écrivant à : info@iti-worldwide.org ou par téléphone au: 01 45 68 48 82 

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Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 16:12

Résultat d'un travail de plusieurs années avec le performer, L'art brutal de Jean-Louis Costes est l'ouvrage de référence sur la carrière d'un artiste sulfureux aux multiples visages. Les interventions de critiques d'art, d'universitaires, de musiciens et de philosophes permettent un éclairage nouveau sur une œuvre de 30 années pour un artiste à la production digne de l'industrie pornographique. Tour à tour musicien, acteur, cinéaste, dessinateur, vidéaste, peintre, photographe mais aussi écrivain ; Jean-Louis Costes est ici exploré à la racine même de son propos : l'expérimentation.

 

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Ouvrage coordonné par Léo Guy-Denarcy et édité par exposition radicale

Contributions : 
Lisa Carver
Jean-Louis Costes
Sophie Diaz 
Léo Guy-Denarcy
Yann Kerninon
Jean-Claude Moineau


Langue : Français
Date de publication : 5 Mai

Prix : 22 €

224 pages
160 pages couleurs
Format : 17 x 26 cm
Poids : 680g
ISBN : 979-10-91038-00-3 9791091038003

 

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Par SOFETH
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Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 16:06


Une nouvelle collection consacrée aux travaux contemporains sur le dialogue entre les études théâtrales et les neurosciences est créée au sein de la Biblioteca Teatrale 
fondée et dirigée par Ferruccio Marotti, chez Bulzoni l’un des principaux éditeurs italiens. Dirigée par les Professeurs Clelia Falletti e Luciano Mariti de l’Université de 
Rome La Sapienza, cette collection s’intitule « Teatro Neuroscienze Scienze dell’Uomo ». Le premier ouvrage de la collection vient de paraître sous la direction de Clelia 
Falletti e Gabriele Sofia : Prospettiva su Teatro e neuroscienze – Dialoghi e sperimentazioni, 2012. L’ouvrage rassemble les communications présentées dans le cadre 
du 3ème colloque international Dialoghi tra Teatro e Neuroscienze, tenu à l’Université de Rome La Sapienza les 14, 15 et 16 mars 2011

Contributeurs : 

Marina Righetti
Jean-Marie Pradier
Luciano Mariti
Marie Alessandra Umiltà
Marcello Constantini
Marco De Marinis
Ilaria Bufalari, Salvatore Maria Aglioti
Gabriele Sofia
Giovanni Mirabella
Victor Jacono
Gabriele Sofia, Silvia Spadacenta, Clelia Falletti, Giovanni Mirabella
Yannick Bressan
Fabrizio deriu
Paolo Asso
Chiara Cappelletto
Lorraine Dumenil
Véronique Muscianisi
Stefano Lombardi Vallauri
Laurence Le Bail
Igor Pelgreffi
Carlo Infante
Cecilia Scatturin
Marco Brogi, Daria Veronese
Nicolo Modugno, Imogen Kusch

Par SOFETH - Publié dans : Activités du laboratoire d'ethnoscénologie
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Mercredi 11 avril 2012 3 11 /04 /Avr /2012 16:10

3 et 4 mai 2012 


EHESS, 96 boulevard Raspail, 75006 Paris (salle Lombard)

Organisation : Emmanuelle Olivier et Juan Paulhiac 


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PROGRAMME

JEUDI 3 MAI 2012

9h30 Emmanuelle OLIVIER (CNRS, CRAL) et Juan PAULHIAC (Univ. Paris 8, EDESTA) 
Introduction

 

SESSION 1 : CREATIONS ESTHETIQUES (MATIN) 


Présidence : Denis-Constant Martin

10h00 Louise MEINTJES (Duke University) 
Luck with Bones : Post apartheid cultural brokerage on the world music circuit
11h00 Pause 
11h15 Jean-Paul COLLEYN (EHESS, CEAf) 
Les pistes sonores. A partir des films de Nollywood
12h15 Sarah ANDRIEU (Univ. Aix, CEMAf) et Élina DJEBBARI (EHESS, CRAL) 
Vidéo-clips au Burkina-Faso et au Mali : création d’imaginaires et nouvelles esthétiques.

13h15 Déjeuner

 

SESSION 2 : CREATIONS ESTHETIQUES (APRES-MIDI) 


Présidence : Julien Mallet

14h30 Frédéric VOISIN (Univ. de Franche-Comté et Conservatoire du Pays de Montbéliard) 
Pratiques informatiques de la création musicale contemporaine en France
15h30 Pause 
15h45 Ana María OCHOA-GAUTIER (Columbia University) 
Loudness as an aesthetic of circulation
16h45 Juan PAULHIAC (Université Paris 8, EDESTA) 
Champeta 2.0 : Métamorphoses numériques du phénomène de la champeta.

17h45 Cocktail

 

VENDREDI 4 MAI 2012


SESSION 3 : TECHNOLOGIE GLOBALE / USAGES LOCAUX (MATIN) 


Présidence : Emmanuelle Olivier

9h30 Bob WHITE (Univ. de Montréal) 
Rumba patriotique : Intermédialité et narrativité dans les clips vidéo à Kinshasa. 
10h30 Julien MALLET (IRD, URMIS) 
Technologies globales, usages locaux et reconfigurations dans l’univers tsapiky de Madagascar. 
11h30 Pause 
11h45 Philippe LE GUERN (Université de Nantes, Centre Atlantique de Philosophie) 
Low-Fi, Chip tune, old school computer, etc. : Esthétiques néo-régressives et mise en cause de l’idée de progrès numérique.

12h45 Déjeuner

 

SESSION 4 : TECHNOLOGIE GLOBALE / USAGES LOCAUX (APRES-MIDI) 


Présidence : Juan Paulhiac

14h30 François DELALANDE (INA-GRM) 
Une société horizontale : pratiques d’appropriation et d’échange à l’ère du paradigme technologique du son. 
16h30 Pause 
15h45 Dorothea E. SCHULZ (University of Cologne) 
(Re)Formatting authenticity : “traditional” music and televised images of cultural belonging in Mali. 
16h45 Gilles HOLDER (CNRS-IRD, CEAf) & Emmanuelle OLIVIER (CNRS, CRAL) 
Islamic Pop Music au Mali : logiques et technologiques de l’économie morale.

17h45 Discussion générale

ARGUMENTAIRE

Avec l’expansion massive et la démocratisation du numérique depuis le début des années 2000, une véritable mutation technologique affecte la diffusion et la circulation des musiques. Le téléchargement s’impose comme vecteur de distribution des supports physiques, jusqu’à se substituer à la vente de CDs et de DVDs, en même temps que les clés USB et autres cartes mémoire des téléphones portables constituent les nouveaux supports de circulation et de stockage bons marchés. Dans ce contexte inédit d’une mondialisation culturelle récupérée par les individus, les puissances industrielles peinent à maintenir leurs structures de financement habituelles, fondées sur la rémunération par droit d’auteur, et contre-attaquent au moyen de législations répressives (Hadopi, Sinde) afin de sauvegarder leur monopole économique. Parallèlement, des solutions originales surgissent : de nouveaux cadres sont mis en place, tels le Copyleft (sur le modèle des licences libres de logiciels), ou la tertiarisation via des abonnements. 
Jusqu’à présent, l’attention a surtout porté sur la question de la préservation du système de rémunération des artistes, des producteurs et des distributeurs par le droit d’auteur. En revanche, nous ignorons largement comment, dans des contextes moins industrialisés, des régimes créatifs se développent à l’heure du numérique. En outre, dans de nombreux pays, on observe que le numérique coexiste avec des technologies “obsolètes” telles la cassette analogique, le disque vinyle, ou le VHS. Malgré leur peu de visibilité dans les pays du Nord, ces technologies mixtes témoignent pourtant de savoirs et de savoir faire, mais aussi de filières industrielles que l’on pourrait qualifier d’alternatives, suggérant de véritables « voies souterraines de la mondialisation culturelle » (Mattelart 2011) . 
Durant ces Journées d’Étude, nous nous intéresserons dans un premier temps à la cohabitation et à l’interpénétration de ces différents régimes technologiques qui se jouent à plusieurs échelles, du local au global. Nous nous attacherons ensuite à analyser comment ces régimes donnent lieu à des créations esthétiques et à des innovations économiques dans les systèmes de production indépendants de la culture. L’approche autour de ces initiatives locales permettra de voir comment les technologies « globalisées » de la communication donnent lieu à une grande diversité d’usages, tant sur le plan de la création, que de la reproduction, de la circulation et de la conservation. 


Notre questionnement s’organisera autour de trois axes :

 

1°) Technologie globale / usages locaux


Les outils et supports technologiques que nous interrogeons ici (principalement Internet, le téléphone portable, la cassette analogique, le Vidéo-CD) se singularisent par un faible coût et un usage à la portée de tous, expliquant pour une bonne part leur popularité. Mais ils sont aussi souvent marqués par une qualité médiocre et une relative absence d’innovation. Ces caractéristiques leur garantissent cependant une grande capacité de diffusion et un renouvellement rapide. En outre, à l’encontre du paradigme abstrait d’une globalisation standardisée, on constate que si ces supports et outils relèvent d’une technologie globale, leur usage et leur diffusion sont à l’inverse surtout locaux. 
Nous aborderons cette articulation entre technologie globale et usage local à travers différentes études de cas sur la création musicale et les acteurs qui la portent. Quelles sont les technologies dominantes sur les terrains étudiés et quels rapports entretiennent les acteurs musicaux avec celles-ci ? À quelles formes d’appropriation technologique (détournement, bricolage, customisation, etc.) a-t-on à faire ? Quels réseaux de circulation ces outils technologiques permettent-ils de suivre ? On pense bien entendu à l’Asie, mais également aux pays du Golfe, qui exportent massivement leur matériel technologique dans les pays du Sud. Selon quelles stratégies (sociales, économiques, politiques) les musiques sont-elles mises en réseau sur Internet ; quel est le public visé, qu’en est-il du public réel et quelles sont les retombées tangibles de cette « globalisation » de l’information sur le plan local (création d’un espace propre de parole, de rencontre, etc.) ? Quels nouveaux imaginaires de la globalisation produisent les divers usages de ces outils et supports technologiques ? 
La mise en place d’une économie spécifique basée sur ces supports et outils technologiques crée de nouveaux métiers, de nouveaux lieux, mais aussi une temporalité spécifique qui offrent des capacités d’action inédites pour les individus. Un temps spécifique pour créer, reproduire, diffuser, mettre en réseau la musique se structure peu à peu, tandis que l’individu redéfinit l’espace pertinent en réévaluant le rapport entre le local et le global selon ses possibilités et ses stratégies d’action. C’est précisément cette capacité à mobiliser, à capter des ressources à l’échelle globale pour les reconfigurer et les réinterpréter au niveau local, c’est-à-dire finalement à mettre en réseau le local, qui sera interrogée.

 

2°) Créations esthétiques : formes, normes, techniques d’écoute


L’un des changements majeurs observés dans cette reconfiguration est que la musique prend forme, non plus seulement dans l’interaction entre ce qu’a imaginé un compositeur et ce que réalise un interprète, mais dans une médiation qui implique des outils technologiques spécifiques. C’est en effet dans et par l’enregistrement, à travers un travail homme-machine de studio (ou de home studio) que la musique se façonne et se reproduit, avant même d’être jouée devant un quelconque public. Si l’article de l’ethnomusicologue sud-africaine Louise Meintjes sur l’album Graceland de Paul Simon avait montré cette nouvelle logique de production, on manque cependant de données sur le travail de studio et cette médiation technologique, sur le rôle et la combinaison des différents acteurs, producteurs, musiciens, arrangeurs, etc., mais aussi sur les formes et normes musicales qu’impose ce type de production. Nous veillerons donc à porter un intérêt tout particulier à cette ethnographie du studio d’enregistrement. 
Parallèlement, on s’attachera à considérer pour eux-mêmes les outils et supports audiovisuels. Si l’on constate l’émergence de formes nouvelles de médiation audiovisuelle de la musique (vidéo-clips, vidéo-concerts, etc), on mesure aussi la place centrale qu’occupent les plateformes de partage vidéo sur Internet (Youtube, iTunes) dans ce processus de médiatisation des créations musicales. Ce constat invite à s’interroger sur plusieurs aspects de la création musicale. Quelles sont les esthétiques locales qui se développent dans le cadre de productions audiovisuelles (usages différents du montage, des effets de mosaïque, de fondus enchaînés, d’inserts, etc.) ? Comment des musiques peuvent-elles prendre forme dans la production, la fabrication et la mise en réseau de vidéo-clips ou de vidéo-concerts ? Dans quelle mesure assiste-t-on à une re-création de musiques par l’audiovisuel, ou bien à l’inverse, à une création de nouvelles normes musicales par l’audiovisuel ? En d’autres termes, peut-on continuer à affirmer une autonomie du son par rapport l’image dans un monde qui allie ou fait fusionner massivement ces deux médias ? L’une des caractéristiques majeures de la globalisation est la dématérialisation des supports médiatiques. Si, avec la K7, le disque, le CD, le DVD ou VCD, le format du contenu est inféodé au support, avec Internet, cette contrainte physique disparaît singulièrement. Bien qu’une grande attention ait été portée sur l’impact économique de ce processus, nous savons relativement peu de choses sur la manière dont cette dématérialisation des supports affecte le travail de composition et d’inventivité musicale. Comment s’intègre la dématérialisation du multimédia dans la création musicale ? 
Enfin, on se posera la question de la réception de ces productions, des techniques d’écoute. En quoi l’esthétique audiovisuelle participe de l’évolution des techniques d’écoute d’une musique ? À l’instar de la « discomorphose » dont parlaient Hennion, Maisonneuve et Gomart (2000) pour la musique, ou encore de l’« audio-vision » de Michel Chion (1991) pour le cinéma, n’y aurait-il pas une nouvelle forme d’écoute et de perception de la musique hors support matériel et qu’il faudrait qualifier alors de « webomorphose » ? Il s’agit là de considérer ces supports de médiation qui se dématérialisent, ouvrant ainsi la possibilité d’une interactivité sociale électronique dans la sphère de l’expérience musicale en ligne (Web 2.0). Si l’écoute et la perception des auditeurs en sont modifiées, et si elles infléchissent en retour la façon de faire des musiciens et des producteurs, comment s’ajuste la création musicale à ce nouveau contexte d’écoute ?

 

3°) Économie de la musique : reconfigurations des systèmes de production


Si l’émergence de nouvelles esthétiques musicales est un aspect clé de l’expansion globale des technologies de la communication, alors les fondements économiques d’où apparaissent ces esthétiques constituent un terrain d’étude tout aussi important. Des ressources financières, technologiques, juridiques importantes ont été investies par les États et les industries dans le but de sauvegarder le régime du droit d’auteur, comme la Loi Hadopi en France ou la Loi Sinde en Espagne, offrant ainsi des solutions de préservation des intérêts économiques qui font école sous d’autres latitudes. Parallèlement, on observe une série d’initiatives de libération de contraintes liées à la propriété intellectuelle, telles le Copyleft et la licence ArtLibre mis en place par les artistes du NetArt . Cependant les travaux manquent quant à la description et l’analyse des processus de reconfiguration des filières musicales, comme par exemple le développement de la performance vivante (concerts) comme moyen de financement de la création musicale. Comment s’articule une telle économie du spectacle vivant à celle de la production musicale ? Quelles alternatives se dégagent au régime du droit d’auteur (abonnements, publicité, etc.) ? Quelles transformations s’opèrent au cœur des métiers et des filières musicales ? Comment ces reconfigurations affectent en retour le travail créatif des musiciens ?

Par SOFETH
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